CAVERNE
création 2024 | La Passerelle Saint Brieuc
Un spectacle du Collectif OS’O écrit par Olivia Barron, Tom Linton et Vincent Toujas












©Simon Gosselin
Nous questionnons ici les liens qui peuvent exister entre le besoin de se raconter des histoires dans des grottes noires au paléolithique, et celui de le faire aujourd’hui dans les boîtes noires que sont les théâtres.
CAVERNE est née de la grande émotion suscitée par les visites de Lascaux et Chauvet et de la sensation de proximité éprouvée malgré les dizaines de milliers d’années qui nous séparent. La grotte ornée nous est apparue comme un théâtre mystérieux, riche en êtres et en mondes disparus, en rêves lointains. Les représentations ne semblent pas figées dans le temps. Les fresques, par leurs mouvements, surgissent dans une vivacité inouïe, créant un vertige.
Qu’est-ce qui a motivé des hommes et des femmes qui nous ressemblent à descendre sous la terre pour peindre des animaux sur les murs ? Quel était le contenu de ces histoires ? Quel est le sens de ces images pariétales ? Pourquoi principalement des animaux ? Ce sont des questions sans réponse.
Nous nous intéressons ici particulièrement à la grotte de Lascaux (21 000 ans BP*), la plus emblématique des cavernes et une des plus impressionnantes. Malgré les découvertes de peintures pariétales, qui a d’ailleurs permis à Carole Fritz** d’affirmer qu’« il n’y a pas d’enfance de l’art », les stéréotypes sur les préhistoriques demeurent ancrés dans nos imaginaires.
D’un côté on imagine des êtres dépourvus de bons sens guidés par leurs seuls désirs (de manger, de se reproduire…). De l’autre on idéalise un « retour à l’état de nature » proche d’un jardin d’Eden où on n’avait qu’à tendre la main pour ramasser baies sauvages et glands tombés de l’arbre.
C’est à la fois troublant et fascinant car nous baignons dans ces récits depuis l’enfance. Ces représentations caricaturales ont forgé intimement et durablement notre idée de la nature humaine. L’être humain étant prompt à inventer des histoires sur à peu près tous les sujets et notamment sur ses origines, il a été suggéré par Alain Rabatel de remplacer Homo Sapiens, l’humain qui sait par Homo Narrans l’humain qui raconte, un nom peut-être un peu plus humble et plus proche de la réalité.
Étant nous-mêmes conteurs et conteuses d’histoires dans ces grottes noires que nous appelons les théâtres, et conviant des personnes à venir nous écouter, nous nous sommes penché.es nous aussi sur ce que pouvaient raconter les premières histoires du monde.
Comme souvent au sein du collectif (Timon/Titus, Pavillon Noir, Qui a cru Kenneth Arnold ?) nous partons d’un pressentiment qui peut être un thème, une interrogation politique ou une idée de ce que le sujet peut nous apporter en tant que personnes, en tant que citoyen.nes, en tant qu’artistes. Au gré de nos découvertes à travers nos propres recherches, rencontres, documentations sur le sujet, les parcours des personnages de notre fiction se dessinent peu à peu.
*BP : Before Present
**Carole Fritz est conservatrice de la grotte de Chauvet. Chercheure au CNRS, Carole Fritz dirige actuellement le Centre de recherche et d’étude pour l’art préhistorique Émile Cartailhac (CREAP) à la Maison des sciences de l’homme de Toulouse.
Propos extraits du dossier artistique du spectacle
Avec : Elsa Bosc, Roxane Brumachon, Bess Davies, Mathieu Ehrhard, Baptiste Girard, Shanee Krön, Tom Linton
Dramaturgie et écriture : Olivia Barron, Vincent Toujas et Tom Linton
Scénographie : Hélène Jourdan
Lumières : Jérémie Papin
Costumes : Aude Desigaux
Création sonore et musique : Martin Hennart
Maquillages : Carole Anquetil
Régie générale et son : Benoit Lepage
Régie lumière : Véronique Bridier
Sculpture et décoration : Charlotte Wallet, Marie Maresca et Lisa Porteix
Construction lit : Loïc Ferrié et Benoit Lepage
Production : Coralie Harnois et Fabienne Signat
Diffusion : Annabelle Couto – Missions Culture
Production déléguée : Collectif OS’O
Coproduction : La Passerelle – Scène nationale de Saint-Brieuc ; Scène nationale Carré-Colonnes / Bordeaux Métropole ; L’Odyssée – Scène conventionnée Art et Création de Périgueux ; L’OARA ; le Théâtre du Champ au Roy de la Ville de Guingamp ; le Théâtre Ducourneau à Agen ; le Théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin ; Scène nationale du Sud Aquitain ; l’iddac, agence culturelle du Département de la Gironde.
Avec le soutien du Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, du CENTQUATRE-PARIS et du Théâtre du Rond-Point. Spectacle créé en résidence à la Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc.
Merci à : Muriel Mauriac, conservatrice de la grotte de Lascaux, aux Ateliers des fac simile du Périgord, à l’Opéra National de Bordeaux et au TnBA pour le prêt de matériel, à Laetitia Richard, référente visites jeune public à Lascaux 4, à la compagnie Le Glob et La Petite Fabrique pour le prêt d’éléments de décors et la compagnie Les Enfants Sauvages – Alan Payon pour le prêt des ailes. Merci à Margaux Genaix pour son aide à l’OARA en décembre 2023.
Artistes associé.e.s à : la Passerelle – Scène nationale de Saint-Brieuc.
Le Collectif OS’O est conventionné par le Ministère de la Culture (DRAC Nouvelle- Aquitaine) et soutenu par la DGCA au titre du Fonds de production 2024. Le Collectif est soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine, par le Conseil départemental de la Gironde et la Ville de Bordeaux.
la captation du spectacle est désormais disponible n’hésitez pas à nous en faire la demande